Tout va bien, ne vous en faites pas.Je ne fais que passer.Je laisserai en ce lieu, peut-être une trace, l' empreinte d' un pied qui aura foulé une montagne de merde mais soyez-en sûrs, je nettoierai après mon passage.D' abord parce que je ne me sent plus chez moi, mais l' ai-je été à quelque moment précis de ma courte existence? L' excroissance qui pousse sous mon cuir chevelu, à quelques encablures d' une matière grise nécrosée par une multitude d' idées que les biens pensants s' enorgueilliraient de trouver malsaines, me pousse à croire le contraire.
Aujourd'hui tout semble être entré dans l' ordre.Ou plutôt dans le désordre puisque dans les médias, support déifié par une bonne partie de nos congénères, le mensonge codifié et les silences maîtrisés sont là pour nous rappeler que le grands méchant loup, c' est nous et pas les autres.Notre beau pays, terre d' accueil pour tous les sans papiers, réfugiés, et immigrés de tout bords, ne nous appartient plus.Il vaut mieux y mourir en venant de loin que de s' appeler Martin et d' y crever dans la quasi indifférence générale.Comme quoi, il y a des noms et même des origines qui se vendent mieux que d' autres.
Et n' allez surtout pas penser que je tiens là des propos racistes.Non, en fait j' apprends avec application à maîtriser la même forme de mensonge que beaucoup d' entre nous ont déjà acquis avec un tant soit peu de ferveur.La messe est dite chaque soir à vingt heures et nous voici tous béat d' admiration non feinte, pour certains, devant ces versets appris par coeur derrière des prompteurs avant d' être dégueulés par de robotiques prêtres vêtus de costards trois pièces toujours de très bon goût.
J' EN AI MARRE de vivre entouré de tant d' hypocrisie.De cons qui se font légions, se donnant bonne conscience en reconnaissant parfois la misère qui gangrène notre planète.Finalement, après avoir pensé comme beaucoup qu' il était urgent de sauver le sol que nous foulons d' une inéluctable fin, je préfère penser aujourd'hui que cette issue fatale est la seule qui soit acceptable.Innocents ou coupables, nous nous devons de tous disparaître, Comme un cancer, le même que celui né de l' industrie, nous devons nous disperser, nous évaporer, comme refoulés par la terre nourricière se défendant du mal que nous représentons pour elle, sa faune et sa flore.Ceux qui parmi nous aimeraient voir les choses différemment, les impuissants, eux-mêmes doivent être jetés aux orties la nature humaine étant ce qu' elle est, s' il devaient à leur tour prendre le pouvoir, ils deviendraient l' égal de ceux qui se sont servi de leurs faiblesses.
Mais tout ceci ne sert à rien.Qui se souviendra de ces quelques mots? Certainement pas moi.Demain, la vie reprendra ses droits.Une vie qui mènera à cette fin redoutée par tant de monde, finalement, le seul véritable but dans une existence, celui qui mène vers ce repos éternel duquel pas même un mauvais rêve ne vient nous relever...